Sylvain COHER plonge dans la peau d’un champion olympique !

L’esprit sportif résonne sur cette 8ème édition du Festival du Livres dans la Boucle. Rencontre avec Sylvain COHER, auteur du roman Vaincre à Rome. Il se confit sur ce projet et ses méthodes d’écriture. 

Sylvain Coher et Joseph Ponthus parlent de leur roman

C’est dans la cave voûtée de la Maison Victor HUGO (rue des Granges à Besançon) que s’anime le premier débat du Festival Livres dans la Boucle. Cet entretien porte sur le thème : le sens de l’effort. Il réuni Sylvain COHER et Joseph PONTHUS. Le journaliste Hubert ARTUS anime ce débat.

C’est la mise en lumière de deux auteurs : Sylvain COHER (Vaincre à Rome, Actes Sud, Aôut 2019) et Joseph PONTHUS (À la ligne, Table ronde, Janvier 2019) . Ils ont tous deux été réuni sur ce sujet car leur style d’écriture, rythmé et leur jeu avec la ponctuation rend vivante l’action qu’ils décrivent. Les deux auteurs ont souhaité retranscrire dans leur roman, par les sonorités des mots, le rythme de pensées à l’usine pour PONTHUS, et de la foulée du marathonien pour COHER.

 

Mon attention s’est portée sur cette histoire hors du commun que Sylvain COHER a romancé de manière sportive !

Quelques minutes devant la télévision pour trouver l’inspiration 

Il aura suffi de 3 minutes devant un documentaire pour que Sylvain COHER  se décide à rédiger le roman Vaincre à Rome. C’est le vainqueur du marathon des Jeux Olympiques de Rome de 1960 (premier Jeux télévisés) qui retient toute son attention. Ce frêle éthiopien, répond au nom d’Abebe BIKILA. Le marathonien vient de parcourir 42 kilomètres en 2h15’’16. Il réalise sa course pieds nus sur les pavés romains ! Subjugué par cet exploit, l’auteur s’est interrogé : « Qui est cet homme ? Est-ce devenue une icône ? Quelle place a-t-il pris dans le monde du sport ? Comment s’est développé le Jeux Olympiques à la télévision ?

Découvrez les secrets d’écriture du nouveau roman de  Sylvain COHER 

Sylvain COHER se documente alors sur l’athlète. Il cherche a obtenir la moindre information le concernant, qui puisse expliquer la volonté de l’éthiopien.  Il a même reconstitué le tracé du marathon des JO de Rome. L’auteur ne s’est pas simplement contenté de faire ressortir les rues empruntées par le coureur sur un plan. En effet, il s’est rendu à Rome et à parcouru l’ensemble du tracé.  « Je n’ai pas réalisé les 42 kilomètres en courant, je ne suis pas sportif, je n’aime pas courir » confit l’écrivain.

Mais étant soucieux de connaitre les moindre détails, afin « d’avoir les ressentis exacts de ce qu’a enduré A.BIKILA », le romancier s’est lancé dans une réelle investigation. Il a d’abord récupéré les temps de l’athlète aux différents « check point ». Il a ensuite recherché le revêtement de chaque portion du parcours : si en 1960, seul les pavés ornaient les rues, ou si il y avait du bitume, voire de la terre battue.

Vivre et imprégner de l’atmosphère de 1960

Sylvain COHER  a même affiché le parcours dans son bureau, « cela me permet de me plonger directement dans cette histoire et dans la peau de BIKILA dès que je rentre dans la pièce ».
Son enquête ne s’arrête pas là ! Il s’est aussi intéressé à l’orientation du soleil et donc de l’exposition du marathonien en fonction de ses temps de passage. Cette investigation lui a permis de se rapprocher au plus prêt des conditions de courses du marathonien.

Plonger dans l’esprit de BIKILA

Chaque moment de la course est décomposé puis retranscrit au plus juste dans le livre : « Je l’ai voulu comme une plongée dans l’esprit du coureur, à quoi pense-t-il à cet endroit et que voit-il devant lui à cet autre moment ». Il a également enregistré le son de ses foulées, qu’il a écouté lors de sa rédaction pour adapter son écriture à la cadence de ses pas.
Un savant mélange entre la disposition des chapitres et une ponctuation inhabituelle pour un roman. C’est ce qui rend la lecture dynamique et sportive. 

Non sportif, l’auteur réussit dans son œuvre à nous faire participer à l’épreuve aux côtés de l’athlète : “Être écrivain, c’est s’inventer un monde différent de celui que l’on voit chaque jour”. Toutes les démarches de Sylvain COHER ont permis à son livre de se lire en 2h30, le temps moyen qu’il faut pour parcourir 42 kilomètres. 

À vos marques, prêt, lisez !

Vaincre à Rome, Sylvain Coher, Actes Sud.

Retrouvez l’ensemble des oeuvres de Sylvain COHER ici !

S.MORNAY

Mis à jour le par smorna