Le Mali

Introduction

 

Depuis des dizaines d’années, le Mali et la France entretiennent des relations solides qui aboutissent à une coopération économique. Elle est primordiale pour le Mali étant donné que la France est le pays avec le plus d’entreprises présentes sur le sol malien, et que ces nombreuses entreprises représentent 20 % des recettes de l’Etat. Les entreprises françaises implantées dans le territoire malien sont issues de différents domaines comme les médias avec Canal Plus ou encore les services bancaires comme BNP Paribas.

Cependant, plus que jamais depuis quelques mois, la situation politique est très instable et les conditions de sécurité ne cessent de se dégrader au Mali. Néanmoins, au-delà du risque de terrorisme, les entreprises présentes au Mali doivent également faire face à d’autres types risques géopolitique.

 

La situation du Mali aujourd’hui (amandine)

Un contexte politique enclin au terrorisme

 

Depuis le coup d’État militaire de 2012 qui a engendré la guerre du Mali, le pays est confronté à un contexte d’insécurité constant. Cette période à fait naître des multitudes de conflits intercommunautaires, notamment dans le centre du pays, auxquels s’ajoutent les fréquentes attaques terroristes de groupes djihadistes présents dans le nord du Mali. Néanmoins, les négociations de paix entre le gouvernement et deux groupes rebelles ont abouti à la signature d’un accord de paix en juin 2015. L’accord d’Alger, signé par la République du Mali et la Coordination des mouvements de l’Azawad, en théorie, mettait en place une décentralisation qui accordait une zone de développement spécifique pour les régions du nord du Mali. Mais depuis, l’État malien ne parvient pas à appliquer cet accord en pratique. Le gouvernement peine à reprendre le contrôle du territoire et même si le soutien des armées étrangères assure une relative stabilité, les terroristes adaptent leurs stratégies et ciblent majoritairement les casques bleus et la MINUSMA.

 

Alors que les résultats des élections législatives d’avril 2020 sont sujet à des manifestations organisées par le « Mouvement du 5 juin rassemblement des forces patriotiques” (M5-RFP), qui réunissent plus de 10 000 personnes, un coup d’état avec pour objectif, la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta est orchestrer. Le 18 août 2020, les forces armées maliennes effectuent un coup d’État. Cela se traduit par l’investiture d’un nouveau président par intérim le 25 septembre 2020. Des autorités de transition sont affectées comme Bah N’Daw, le président de transition, un conseil national de transition est aussi instauré. Elles devront préparer des élections crédibles et surtout ramener la paix sur l’ensemble du territoire. En effet, les groupes terroristes profitent de l’absence de président et d’un gouvernement en transition pour s’installer durablement dans le centre du pays. Ces groupes poursuivent leurs attaques contre les casques bleus, l’armée malienne et les civils, principalement dans le nord et le centre du pays.

Les groupes terroristes se réfugient, en grande partie, dans le nord du Mali même si ils commencent progressivement à s’établir près du centre du pays où ils attisent les tensions intercommunautaires. Le nord du Mali est quasiment considéré comme une zone de non-droits. Les affrontements militaires avec des rebelles armés persistent et toute la région est sous le contrôle des forces rebelles et groupes terroristes. Cette zone est à éviter absolument, le danger est tel que les forces de sécurité officielles du Mali ne peuvent y assurer la sécurité des étrangers. Les attaques de convois militaires, d’axes routiers, d’enlèvement ou d’attentats sont particulièrement fréquentes. Cela n’exclut pas le risque d’attaques dans le reste du pays, notamment les attaques visant les occidentaux. De plus, les groupes terroristes sont déterminés à intensifier les enlèvements visant des étrangers. Par ailleurs, le risque d’attentat à Bamako, spécifiquement dans des lieux publics fréquentés par les Occidentaux est particulièrement élevé. Et ce malgré l’état d’urgence qui est en vigueur sur l’ensemble du territoire malien depuis maintenant quasiment 5 ans sans interruption. L’absence des services de l’État sur l’ensemble du territoire malien a provoqué une augmentation conséquente du banditisme. Et cette hausse concerne également Bamako où les agressions armées et les vols ont augmenté. Avec des délits mineurs fréquents et une corruption répandue, la criminalité représente parfois une porte de sortie pour lutter contre la pauvreté.

 

Bien que la situation des civils semble calme, elle peut très rapidement se dégrader. Les manifestations sont plutôt assez régulières à Bamako et même celles dites “pacifiques” peuvent donner lieu à de la violence précipitamment.

Un pays dépendant de l’aide internationale

Avec un taux d’extrême pauvreté de 42,7 % en 2019, un secteur industriel peu développé et une dette extérieure de 4,192 milliards de dollars en 2017, le Mali dépend de l’aide internationale pour subsister. Ce pays est épaulé économiquement par des organisations internationales telles que le FMI ou la Banque mondiale et d’autres pays comme la France ou la Chine par exemple. Cette assistance internationale a permis de mettre en place des politiques d’ajustement structurel, notamment fixées par le FMI depuis les années 1970. Ces politiques ont limité les dégâts que le Mali a subis suite à la dévaluation du franc CFA en janvier 1994. Cependant, après le coup d’État militaire de 2012 au Mali, l’aide internationale a baissé drastiquement. Dans le domaine militaire et pour lutter contre l’instabilité politique au Mali, la MINUSMA, une opération de maintien de la paix a été créée en avril 2013 par le conseil de sécurité des Nations unies.

Concernant Le Mali et la France, ils entretiennent des relations de confiance depuis la fin du 19e siècle, quand la colonie française, le « Soudan français” à été créée au Mali. Cette colonisation prit fin en 1958 et le Mali hérita notamment de la devise le franc CFA. Cependant, ces relations ne se limitent pas à l’aspect politique étant donné que la France reste le principal partenaire économique du Mali et le 2e fournisseur du pays. Elle représente aussi le 1er partenaire en nombre d’entreprises présentes sur le sol malien en considérant que des multinationales françaises telles que Total ou encore BNP-Paribas sont implantées au Mali. Concernant le soutien militaire de la France au Mali, l’armée française a déjà mené des opérations militaires comme l’opération Serval, en 2013, et elle participe aux missions européennes à destination du Mali.

 

L’histoire des relations entre le Mali et les États-Unis commence le 24 septembre 1960 où les États-Unis deviennent le second pays à reconnaître la République du Mali comme telle. Depuis ce jour, les deux pays avaient une relation plutôt amicale étant donné que le Mali est partenaire du programme américain de lutte contre le terrorisme transsaharien, par lequel il lutte contre les groupes extrémistes violents. En 1990, l’agence américaine pour le développement international (USAID) effectue des missions au Mali, souhaitant améliorer le développement économique et social au Mali. Cependant, les États-Unis décident de couper radicalement leurs aides militaires suite au coup d’État militaire de mars 2012 au Mali qui a renversé le gouvernement démocratique précédent.

 

Si pour le moment, le Mali était plutôt sous influence française, le pays change peu à peu et se tourne un peu plus vers la Chine. L’amitié sino-malienne a démarré le 22 octobre 1960 où, le Mali et la Chine signent des documents qui officialisent la volonté des Maliens de libérer leur pays de la contrainte de l’ex-colonisateur Français et l’engagement de la Chine à soutenir les pays d’Afrique vers leur indépendance politique et économique. En 2000, les échanges entre les dirigeants des deux pays s’intensifient. La Chine a construit de nombreuses infrastructures à travers toutes les régions du Mali… Elle contribue très largement à l’économie du Mali. Particulièrement dans les domaines de l’industrie, de la santé, de l’éducation qui constituent la base de l’économie du Mali. En bref, les relations Sino-maliennes dépasse aujourd’hui la simple formulation diplomatique et protocolaire. Les plus hautes autorités des deux pays n’hésitent pas à qualifier leurs relations de fraternelles et éternelles.

 

Les risques naturels et humains (Xavier)

Les risques lié au climat et à la géolocalisation

Enclavement

La situation géographique du Mali place le pays entouré uniquement pas d’autres pays, aucune frontière maritime n’existe dans le pays. Le fait d’avoir uniquement des frontières terrestres ne permet que la présence de routes commerciales terrestres et aucune route commerciale maritime. De plus le pays est situé dans sa majorité dans le Sahel, notamment la zone de l’Azawad, zone dans laquelle les Touaregs (qui veulent l’indépendance de la région précédemment citée). Sont également présents et qui est une zone dans laquelle les terroristes ont eu une présence assez forte. Présence qui a tout de même diminuée suite à divers opérations militaires, notamment grâce à des opérations comme l’opération « Barkhane » ou l’opération « Serval », menée par la France qui ont permis de faire reculer les terroristes plus dans la zone nord du pays.

Climat

Le climat du pays le divise en deux zones aux climats très différents. La zone nord du pays, occupant une grande majorité du territoire, possède un climat peu accueillant et offrant des conditions de vies plus difficiles. La zone sud du pays offre au contraire des conditions de vies bien plus pérennes. Si la zone Sud est traversée par divers fleuves, celle au nord n’a pour ainsi dire que très peu d ‘accès à des sources d’eau, ce qui rends la moitié Nord du pays très inhospitalière. On a donc une grand territoire dont seulement la partie nord est vraiment fertile et regroupe la majorité de la population.

Risques lié à l’anthropocène

L’accroissement de la population a pour effet de lancer celle-ci dans une pratique d’agriculture extensive, à savoir que plutôt que d’exploiter de son mieux un sol pour l’agriculture pour en avoir un meilleur rendement, la population exploite plus de sol.

Les fortes richesses du sol malien (Marbre, minerais, or notamment) incite la population à vouloir les exploiter comme elles symbolisent des bénéfices possibles pour elle. Or cette exploitation brutale des sols du pays ainsi que la pratique agricole combiné précédemment ont déjà détruit certains sols maliens et continuent d’en détruire d’autres, les rendant inutiles pour le travail agricole, poussant par là encore plus l’agriculture extensive.

Le secteur primaire est très présent, au contraire du secteur secondaire qui lui ne l’est que peu, l’industrie est souvent étrangère et peu profitable aux maliens. Le secteur tertiaire a connu quant à lui une forte augmentation. Les principales cultures présentes dans le pays sont destinées à la population.

Si la population participe à l’exploitation de son propre pays, dans des conditions de conflits parfois, elle ne tire pas forcément le fruit de son labeur. En effet, nombres des ressources précieuses du pays sont exploitées par des sociétés étrangères et partent ensuite à l’exportation. De même les entreprises étrangères qui exploitent ces divers terrains ne se préoccupent pas forcément de la population qui y habite et plus particulièrement de son environnement. On a notamment le cas par exemple des entreprises chinoises qui déforestent certaines zones du pays afin de se fournir en bois, ceci au détriment du territoire national. De même cette déforestation engendre un plus fort progrès de la désertification du pays.

 

Risques démographiques

L’accroissement de la population, notamment du fait d’un fort taux de natalité, incite la population à pratiquer une agriculture extensive. Contrôler cette démographie est une nécessité dans la mesure où l’augmentation de la population ne va pas forcément de pair avec une augmentation des ressources en nourriture disponibles pour la population et une augmentation des conditions de vies générales de la population. On a environ 47% de la population qui se trouve sous le seuil d’extrême pauvreté alors le taux de fécondité par femme se trouve proche de 6. De plus le manque d’infrastructures, routières et de services, dans le pays ne facilite pas le développement de la population.

 

 

Conclusion

En conclusion, avant de s’implanter au Mali une entreprise doit prendre en considération de nombreux aspects de ce pays. Dans un premier temps, certes, le Mali est un pays très riche en ressources pouvant être exploitées, des ressources allant du marbre à l’uranium en passant par l’or. Ces ressources sont là en grandes quantité et sont pour certains peu exploités. Néanmoins si le terrain en lui-même est bon, la situation des personnes qui y habitent l’est bien moins. Les habitants du pays ne sont pas tous riches, notamment ceux habitant dans les régions les moins denses. Le pays en en proie à des tensions internes fortes, que ce soit dans la gouvernance en elle-même ou pour des questions de sécurité intérieure (notamment et principalement le terrorisme). Le pays est également la cible d’entreprises provenant de divers pays dont certains qui sont assez puissants, notamment la Chine. La concurrence des entreprises étrangères est donc aussi à prendre en compte si l’on veut implanter une entreprise dans ce pays.

Au final, le Mali peut être une bonne source de profit, de par sa richesse et le coût de la main d’œuvre mais cela à condition seulement de se préparer à la concurrence étrangère dans plusieurs secteurs de l’exploitation des ressources naturelles. De même avant de s’implanter dans ce pays l’entreprise doit se demander si elle est elle-même en capacité d’assurer la sécurité de ses employés du fait des risques qui existent pour la sécurité des employés comme vu précédemment.

 

 

Sources

 

Bibliographie Amandine

“MALI :RISQUE PAYS”, societe generale, consulté le 21/11/20, https://import-export.societegenerale.fr/fr/fiche-pays/mali/risque-pays-economie

 

“MALI”, coface, consulté le 21/11/20,

https://www.coface.com/fr/Etudes-economiques-et-risque-pays/Mali

 

“Mali”, france diplomatie, consulté le 21/11/20,

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays-destination/mali/

 

“Carte des risques politiques 2020”, marsh, consulté le 22/11/20,

https://www.marsh.com/ca/fr/insights/research/political-risk-map-2020.html

 

“Mali Présentation”, banquemondiale, consulté le 22/11/20,

https://www.banquemondiale.org/fr/country/mali/overview

 

“Mali, situation économique et financière”, economie.gouv, consulté le 21/11/20,

https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/ML/mali-situation-economique-et-financiere

“Mali”, gouvernement du canada, consulté le 21/11/20,

https://voyage.gc.ca/destinations/mali

 

“Mali – Dette publique”, countryeconomy.com, consulté le 08/10/20,

https://fr.countryeconomy.com/gouvernement/dette/mali

“Mali”, la banque mondiale – données, consulté le 08/10/20,

https://donnees.banquemondiale.org/pays/mali

“Présentation du Mali”, france diplomatie, consulté le 22/11/20

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/mali/presentation-du-mali/

 

 

 

Bibliographie Xavier

“Mali “ , Ministère des affaire étrangères consulté le 21/11/20 https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays-destination/mali/

 

Site officiel du Ministère des Mines du Mali, consulté le 24/11/20 http://www.mines.gouv.ml/

 

“ Des Nouvelles du Mali “, le dessous des cartes, consulté le 19/11/20 https://www.youtube.com/watch?v=aYl6ix_5sBE

 

“Géopolitique du Sahel et du Sahara“, Magazine Herodote n°172, consulté le 28/11/20 (format pdf)

 

“Stratégie pays de l’Unesco“, site de l’Unesco, consulté le 26/11/20

http://www.unesco.org/new/fileadmin/MULTIMEDIA/FIELD/Dakar/pdf/UCSMali2017_2019_03122017_VF.pdf