Joseph PONTHUS, l’ouvrier écrivain

 

Faire connaissance avec l’auteur du livre que l’on vient de finir, ou que l’on s’empresse de découvrir est une chance qui n’est pas donné à tout le monde.Seul les habitués des sorties médiatiques en maison d’édition ou les passionnés qui fréquentent les salons littéraires connaissent les plaisir de ces rencontres …Comme durant le festival « livres dans la boucle » de Besançon, ou l’on a interviewé Joseph Ponthus, auteur du roman « A la ligne ».

 

Un festival riche en auteurs

Ici, on apprend comment l’écrivain s’organise pour écrire toutes les nuits.Là on recueille les aveux d’un fou de sport qui ne réfléchit à ses chapitres qu’en courant,et qui les couche sur papier avant la douche. Enfin, on croise quelques auteurs qui ont changé leur vie en mettant leurs émotions dans des pages, en soulageant des douleurs grâce à l’écriture.

 

Retrouvez ici tous les détails de l’édition 2019 du festival:      http://www.livresdanslaboucle.fr/

A l’occasion du Festival le livre dans la boucle 2019 , cette chance de rencontrer un auteur nous a été donnée dans les caves de la maison Victor Hugo. Lieu de mémoire dédié à ce grand auteur né à  Besançon. Ambiance feutrée, silence dans la salle, l’estrade est en place. Arrivée de l’auteur sous les applaudissements, il connait déjà le plaisir de la reconnaissance de son travail.Le conférencier est prêt , les portes se referment et les lumières sont doucement tamisées, début de la découverte…

Tous les chiffres clés de cette édition !

 

Soirée littéraire en plein centre de Besançon

Animée par un journaliste littéraire, cette conférence donne du temps de parole à tous. pourquoi ce livre? Comment écrivez-vous? Première œuvre? les questions directement posées par les spectateurs alternent avec les interventions du journaliste. Ce soir-là, nous étions à la présentation d’un jeune auteur, qui se qualifie comme un ouvrier écrivain.

Joseph Ponthus, avec son livre « A la ligne », récit de ses dures années d’ouvrier …

Jeune travailleur dans un abattoir à poissons au Nord de la France, Joseph Ponthus a écrit ce livre en trois ans. Le temps où il est resté intérimaire dans cette bruyante usine qui, selon lui,  lui donnait l’impression de bosser pour l’industrie de la mort .

Très marqué par ce travail extrêmement difficile, il est en bout de chaîne. Répétant inlassablement les mêmes gestes qui le font se sentir plutôt robot qu’homme. ”Tous les soirs en rentrant j’écris quelques lignes pour soulager ma conscience”. Il confie « J’essaie sans cesse de reproduire le geste parfait, comme cela je pouvais prendre un peu d’avance sur la machine. De ce fait, permettre la libération d’un petit moment de pensée ».

Un exemple pour les travailleurs

En quelque sorte, c’est un témoignage du monde des travailleurs oubliés. Son livre est pris en exemple par ceux qui souffrent de grande pénibilité au travail.Il ajoute : « le capitalisme a réussi à effacer l’homme en tant que tel dans les usines pour en faire une continuation de la machine »

Pourquoi écrire? Joseph PONTHUS nous explique qu’enfant, il était un fils unique issu d’une classe moyenne peu fortunée. Il passait ses journées enfermé dans sa chambre avec des frères qu’il n’a jamais eu : ses livres. Comble de malheur, il ne savait pas jouer de musique. Il n’avait pas de mobylette et ses seuls moyens de séduction furent ses poèmes et ses lettres.

Travailler comme écrire, tout à la chaîne…

Définissant son œuvre par rapport à sa vie d’usine, il dit « si j’avais dû décrire l’usine dans mon livre, j’aurais fait des rimes.Voir des alexandrins pour transmettre le rythme très répétitif ».

L’auteur a également tenu à mettre en avant la notion de pénibilité du travail qu’il a exercé. D’ailleurs, des milliers de français l’exercent. “C’est fantastique de voir tout ce que le corps humain peut supporter dans la difficulté. Il y a la fatigue physique mais surtout la pénibilité morale, les cauchemars la nuit, et parfois les spasmes”.

Il change les esprits

Il ne cache d’ailleurs pas sa fierté lorsqu’il explique qu’il a au moins changé la vie d’une personne . Une jeune femme lui a écrit après avoir lu son roman. Ce livre lui a donné la force de quitter l’usine dans laquelle elle travaillait .Depuis elle a repris ses études pour devenir libraire. 

Joseph PONTHUS a permis de mettre en lumière ce qu’il se passe vraiment dans l’esprit des employés d’usines. Il est devenu en quelque sorte leur porte-parole. 

Pour retrouver le déroulement du festival cliquez ici 

FOCUS SUR L’AUTEUR :

Joseph Ponthus fait des études supérieures dans la région du Grand-Est à Reims puis Nancy : Hypokhâgne et Khâgne

Il travaille à la mairie de Nanterre, comme éducateur spécialisé puis suit et aide des jeunes en difficulté. Avec quatre d’entre eux, il cosigne un livre, Nous, la cité, publié en 2012 aux Éditions La découverte. C’est le résultat d’ateliers d’écriture, mais aussi un témoignage de ces jeunes sur leur quotidien, et leur rapport avec la société. L’éducateur raconte aussi son vécu.

Pour son roman « A la ligne », pendant deux ans, Joseph  consigne le soir ses impressions et ressentis ainsi que les réflexions de ses collègues. Après avoir envoyé un exemplaire à la direction de son usine, son contrat n’est pas renouvelé.Il se retrouve au chômage et pourra assurer la promotion de son livre qui a déjà remporter 5 prix dont celui de la première œuvre RTL.

Lien direct vers la fiche Auteur de sa maison d’édition:

https://www.editionslatableronde.fr/Auteurs/ponthus-joseph

 

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Mis à jour le par fmanga